En passant

Bas nylons et une vidéo qui parle sans le vouloir


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Dans cet article nous allons décortiquer une vidéo et constater qu’elle peut parler sans mots.
Elle est la preuve que dans certains cas la discrétion n’est pas de trop et peut s’avérer une sorte d’assurance tranquillité. Si vous publiez une vidéo de votre femme ou de votre mari faisant du ski dans une station de sport d’hiver, aucun problème, seules les personnes qui vous connaissent vous identifieront. Même si on devine Megève en arrière plan, c’est un indice que vous y êtes allés rien de plus, ce n’est pas marqué sur votre visage que vous habitez Marseille. Quand vous publiez du contenu à caractère sexuel autrement que passif, cela devient un peu plus risqué, surtout si c’est de la vidéo. Par passif, j’entends des photos ou de petites vidéos dans un endroit quelconque qui pourrait être n’importe où. Nous allons étudier un cas un peu plus parlant, qui concerne une personne exhibitionniste genre plutôt soft, parfois en public, mais quand même un peu allumeuse. En me transformant en Sherlock Boss Holmes, rien qu’en analysant des vidéos, j’ai réussi à trouver avec une quasi certitude le domicile de cette personne, du moins un lieu où elle séjourne régulièrement. Elle ne se cache pas particulièrement, montre son visage, mais ne va pas jusqu’à donner son adresse et son numéro de téléphone. On peut la contacter via un mail, mais cela s’arrête là. Il est probable que quelques personnes savent qui elle est, pour autant qu’ils aient vu les vidéos. Pour information, quand vous en saurez un peu plus, inutile de chercher les vidéos car elles ont été « supprimées pour avoir enfreint les règles » etc, etc. Il reste quand même un point délicat, une personne mal intentionnée pourrait harceler ou importuner cette personne, allez savoir. Je m’imagine bien que parmi les visiteurs de certains sites, il n’y a pas que des anges, même quelques personnages très peu recommandables. Pour ma démonstration et par respect pour cette personne, je vais rester très discret. Vous ne verrez pas son visage, je ne mentionnerai aucun lieu, rien de plus banal qu’une rue ou une maison perdus dans un coin, mais il peuvent parler. Peut-être reconnaîtrez-vous certains endroits, mais vous auriez aussi pu le faire en visionnant les vidéos.
Pour analyser une vidéo, il faut la parcourir et repérer ce qui pourrait servir d’indice. Le premier pas est de situer dans quel endroit la prise de vue a été faite. Il faut trouver le ou les indices qui serviront de détonateur. Certaines vues peuvent montrer, sans que cela soit intentionnel, quelque chose de significatif, une particularité propre à un endroit. Par exemple, si le paysage est montagneux, il y a peu de chances que ce soit en Belgique ou au Sahara. Repérer la topologie d’un endroit, le style des maisons, les magasins style grandes enseignes, le genre de signalisation routière, sont autant d’indices qui peuvent vous diriger vers un lieu, un pays plus ou moins précis. Souvent la vidéo vous aidera en faisant apparaître des indices qui font partie du décor. vous devrez les exploiter par recoupement. Il est bien rare qu’après en avoir récoltés plusieurs, surtout s’ils sont répétitifs, vous n’arriverez pas à situer un lieu approximatif. Ensuite, c’est sans doute le plus difficile, localiser dans ce fouillis un endroit précis. On peut procéder en appliquant un succédané de la triangulation que les géomètres connaissent bien. Vous avez repéré une église, un marché Carrefour, un pont routier typique, un passage à niveau, une gare. Tous ces indices reportés sur une carte vous donneront avec une certaine précision un regroupement de quelques kilomètres carrés. On peut imaginer, dans le cadre d’une grande surface que la personne ne va pas faire 50 kilomètres en voiture pour aller faire ses commissions, c’est un très bon indice. Mais vous verrez dans la démonstration que la personne m’a pas mal aidé en laissant traîner des indices sur ses nombreuses vidéos, je n’ai eu « qu’à me servir ». C’est sans doute involontaire de sa part, mais vu qu’elle a le plus souvent fait ses petits films dans le même coin, ce fut d’autant plus facile. Pour les recherches de lieux, j’ai utilisé Street View, qui est très bavard, sinon très indiscret.

Voilà un premier indice significatif, pas la voiture en somme de grande série, mais je dirais suite à une grosse erreur de la personne, car il s’agit peut-être de la voiture dont elle se sert (je ne le sais pas encore). L’immatriculation est très très brièvement lisible sur un plan de la vidéo. Elle indique tout au plus une région qui fait des milliers de kilomètres carrés, Je sais, je suppose maintenant que c’est plutôt là qu’ailleurs.

Pour cette petite séance d’exhibition, le lieu choisi est une petite gare. Si on regarde le paysage, on remarque que nous sommes dans une plaine assez large entourée de montagnes, seules celles de droite sont visibles.. De plus, il y a une voie ferrée. bon indice car il n’y en a quand même pas partout. A partir de là, il faut rechercher sur la carte un endroit qui peut correspondre à une plaine, avec un train qui circule dans la région que la plage minéralogique me suggère.  Il faut fouiller, cela peut prendre du temps, mais avec un indice comme la ligne de chemin de fer, on cherche les gares et on compare avec le paysage environnant. J’ai fini par trouver, ne pouvant aller dans la gare, je me suis mis juste sur la route à côté. Vous remarquerez que la crête des montagnes à droite, a un profil qui correspond exactement. Il y a une différence de luminosité, les rochers sont moins nets, mais la position du soleil n’est pas la même. Je tiens un lieu précis.

Lors d’une scène filmée dans la voiture, apparaît dans la partie noire de la photo, le logo (que j’ai effacé) d’une banque, géographiquement cette banque se trouve à quelques kilomètres au nord de la gare que nous avons vue précédemment, Cela précise un peu plus la région. Remarquez, la conductrice porte des gants et une blouse blanche, elle fume une cigarette qui vient probablement d’être allumée et que les vitres sont mouillées donc il pleut.

Autre confirmation dans une autre vidéo, on voit le départ en voiture depuis la maison il pleut. Après une interruption du film, scènes mises sur une autre vidéo, très probablement celle d’où j’ai tiré la photo pour la banque, le film reprend. Un peu après, deux indices très clairs apparaissent. Une maison que l’on reconnaît facilement et un garage (nom effacé) que l’on peut identifier spécialement par la voiture dessinée sur le mur. Les photos sont plus que probablement la suite de la scène devant la banque, les vitres sont mouillées, la personne tient toujours une cigarette à la bouche et à la main. gants et blouse blanche. C’est la seules scènes où on trouve ce genre de météo. Ces endroits se trouvent dans le même lieu que la banque, assez près si l’on regarde bien l’avancement de la combustion de la cigarette à peine entamée sur la photo de la banque. On devrait tenir maintenant un lieu assez précis. Reste à fouiller les environs à la recherche de la maison. Une suite de vidéos vont m’aider.

Une ou deux fois, les déplacements et les petites scènes d’exhibitionnisme se font en scooter. Il est typique de la marque Mio, modèle probable 2007 ou 2009, en édition peinture teinte rose.

Sur celle-ci, c’est un départ de la maison. On aperçoit le volant et il nous confirme que c’est bien une Citroën qui est conduite. Plus intéressant, par la vitre on voit une zone avec du matériel hétéroclite déposé, c’est évidemment pas au centre ville que l’on va trouver ce genre de choses.

 

Sur l’extrait d’une vidéo, on aperçoit brièvement un coin de paysage au moment où la personne sort de chez elle (en haut). Remarquez les bandes de trois briques rouges et les boîtes aux lettres sur l’image. On peut constater que nous sommes presque à la campagne, à la périphérie d’une agglomération, une zone plutôt industrielle, entraperçue trois images plus haut. Maintenant, il faut en quelque sorte chercher pareil endroit sur Street View en mettant la vue satellite. On peut se repérer sur les montagnes en haut pour les déplacements. A la fin on y arrive, la maison, le réservoir blanc, le tertre. Vous pouvez penser que je me suis trompé, et pourtant si je regarde de l’autre côté, je vois ceci  :

La voiture (même modèle que la première image), les trois boîtes aux lettres et les séries de trois briques rouges et le fameux scooter devant la maison. Nous y sommes ! J’ai volontairement enlevé une partie du décor, ne gardant que l’essentiel. Evidemment, j’ai un peu résumé tous les indices, ne vous présentant que les images les plus significatives. Ce que vous ne voyez pas, c’est tout le reste, les images d’indices probables, toutes celles qui n’en sont pas. Le total des vidéos représente entre deux et trois heures de visionnages. J’ai survolées certaines, notamment les passages filmés en intérieur ne pouvant guère vous donner des indications, la marque du réfrigérateur ou de la chaîne audio sont des indices morts. Un air de musique entendu dans une vidéo ne vous indique pas la marque de la chaîne ou du poste de radio. Voilà, je sais avec une quasi certitude que cette personne réside dans cette maison, à longueur d’année ou occasionnellement. Encore une fois, ne faites pas n’importe quoi sur la Toile. J’ai démontré que l’on pouvait savoir beaucoup de choses rien qu’en regardant des vidéos. Dans le cas présent, cette personne peut dormir tranquille, je suis juste un observateur qui passe son chemin.

En passant

Exploration en terre musicale inconnue (50)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1961 – The Rivieras / Refrigerator. Il existe deux groupes américains partant le même nom. Celui-ci est la version noire à tendance r’n’b. Cet EP paru en 1961 est une assez belle rareté dure à dénicher.

1964 – The Rivieras / California Sun. Voici la version blanche, il s’agit cette fois d’un groupe de surf. Leur reprise de « California Sun » créé par Joe Jones, leur valut un beau succès qui faillit être no 1 si les Beatles n’occupaient pas déjà cette place. En France, on connaît plutôt ce titre via l’adaptation des Chaussettes Noires, et encore ce ne fut pas à proprement parler un succès. Ce EP des Rivieras est assez rare.

1969 – Rocher Band / Ma Kate Ke Oyo.  Un des nombreux disques destinés aux Africains résident en France. En général, ils sont assez rares, du pas trop rare au très rare, termes auxquels on peut aussi coller de pas très recherché à très recherché. Depuis que la musique ethnique est devenu un truc culturel, ici le Cameroun, ces disques autrefois méprisés nous font remonter aux racines de la musique moderne. Ce disque est un collector moyen, mais pas très courant.

1963 – Bob B. Soxx And The Blue Jeans / Zip-A-Dee Doo-Dah. Ce n’est sans doute pas la publication française la plus recherchée concernant Phil Spector, mais elle n’en est pas moins du genre assez rare. Tout le charme de ses productions de la grande époque.

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1970 – Bjorn & Benny / She’s My Kind Of Girl. Ce sont les débuts d’Abba, la partie mâle est mise en évidence, mais le groupe est déjà formé et n’a pas encore son nom définitif, en attendant les dames font les choeurs. La chanson appartient à la musique d’un film « Inga » et l’on peut déjà reconnaître une certaine classe à ces deux compositeurs qui feront fureur plus tard. Cette rare publication bénéficie de tout l’attrait qu’elle peut présenter aux plus fous collectionneurs d’Abba.

1966 – Hootenanny Singers / Finns Det Liv Så Finns Det Hopp. Puisque l’on est dans Abba, restons-y encore un peu. Dans ce que l’on peut considérer comme premières publications françaises du pré-Abba, le pompon revient aux deux EP’s des Hootenanny Singers, un groupe folk suédois à succès dans lequel on retrouve Bjorn Ulvaeus. Sur le deuxième EP, encore plus fort, on trouve une composition, la première, qu’il a écrite avec son futur collègue d’Abba, Benny Anderson. C’est chanté en suédois, mais le groupe éclectique a aussi enregistré une version de « La Mamma » de Charles Aznavour chantée en espagnol et en suédois. Ces publications n’eurent aucun succès en France et sont bien évidemment rares. Petite anecdote pour 1965, la formation Les Célibataires adapta une chanson du groupe, « Darlin » (il en existe une version en suédois), composée par Ulwaeus, sous le titre « Regarde Regarde ». J’ai mis ce titre en-dessous, la versions des Célibataires n’étant pas Youtube. Bjorn Ulvaeus n’est pas sectaire, il lui arrive de retrouver ses anciens potes et de chanter avec eux. Récemment, il a écrit un texte sur Greta Turnberg dans lequel Il affirme que l’humanité a plus besoin de personnes comme elle que de vieux messieurs comme lui.

Soyons fous, voici leur version de « La Mamma ».

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1960 – The Fireballs / Torquay. Un classique de la guitare électrique, cependant nettement moins connu que d’autres. Il eut un succès modéré aux USA et moindre internationalement. Le groupe devra attendre 1963 et Jimmy Gilmer & The Firebals pour être no 1 avec « Sugar Shack », cette fois-ci vocal. L’édition française sur un EP Top Rank est très rare. Par contre le succès de 1963 paru chez London en EP est plus courant, mais comme il est partagé avec le « Wipe Out » des Surfaris, on peut imaginer qu’il est plus recherché pour la présence de ce surf instrumental.

1967 – The Hesitations / You Can’t By Pass Love. Si on observe les publications françaises en EP’s qui sont dédiées à des artistes noirs, on remarque que la plupart sont bien cotés et aussi rares. Cette publication des Hesitations, un groupe de soul music n’échappe pas à la règle, il atteint vite la centaine d’euros.

1967 – Just Us / What Are We Gonna Do. Dans les encarts publicitaires des disques Vogue, on voyait souvent la mention de ce disque publié en EP. Il s’agit d’un duo américain dans lequel on trouve Chip Taylor, plus connu comme compositeur de « Wild Thing » que les Troggs empruntèrent aux Loved Ones pour en faire un succès retentissant. Quand on a ce titre en tête, les morceaux qui figurent sur ce disque paraissent assez fades. Un rare et petit collector.

1966 – The Young Rascals / Good Lovin’.  Première publication française pour ce groupe qui cartonna bien aux USA. C’est encore un de ces disques qui n’est pas d’un rareté absolue, mais sans doute une des pièces les plus recherchées de la discographie française. En plus le titre ne manque pas de punch.

1967 – Jimi Hendrix / Purple Haze – Disque de poche. Une des pièces les plus exotiques de la discographie française de Jimi Hendrix. En 1967, Barclay lance un truc éphémère, le disque de poche. Cela consiste en un disque de 15 cm qui tourne en 33 tours avec 3 titres par face. La durée des morceaux est ramenée à 2 minutes. Ce fut un bide complet et des 6 artistes publiés sous ce format, seul celui consacré à Jimi Hendrix attire vraiment les collectionneurs, parfois pour un assez bon prix.

1966 – The Knickerbockers / Lies. Puisque le batteur de ce groupe et aussi la moitié du duo des Righteous Brothers, à partir de 1968 jusqu’en 1973, Jimmy Walker, vient de décéder récemment, je peux parler de cet EP. J’avais échangé avec lui quelquefois sur la Toile, je lui avais même fourni un scan de cette fameuse rare et unique pièce de la discographie française, 2 ou 300 euros c’est assez courant. En plus, je ne l’avais pas encore chroniqué dans cette rubrique, bien que j’ai parlé plusieurs fois de ce groupe dans ces colonnes.  Ce titre figure certainement dans les 20 ou 30 disques que j’ai le plus écoutés dans ma vie, cela fait 54 ans que je l’écoute. On l’a souvent comparé à une parfaite imitation des Beatles, au point qu’un petit malin a fait un fake très réussi des Beatles interprétant la chanson (voir le clip en dessous). R.I.P Mr Walker.

 

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