My very premiers disques

Si j’ai écouté de la musique depuis tout petit, le plaisir de faire mon propre programme via un tourne disque ne viendra qu’en 1965, les finances familiales le permettant. L’achat d’un simple et bête appareil coûtait une petite fortune. Si aujourd’hui un lecteur CD tout simple coûte deux ou trois dizaines d’euros, en 65 un appareil moyen coûtait environ une centaine d’euros. Grosso-modo, cela représentait 1/5 d’un salaire décent. Bref, je l’ai eu et j’ai enfin pu me lancer dans le début de ma collection de vinyle. En faisant appel à mes souvenirs, je peux reconstituer quels furent mes premiers disques achetés ou entrés en ma possession via un cadeau d’anniversaire par exemple. Ca vous intéresse? Eh bien les voici…
Note: tous ces disques sont encore en ma possession à un exception près.  J’ai reproduit la pochette avec laquelle ils étaient emballés quand je les ai achetés, sauf le premier qui n’en avait pas. Je suis sûr de l’ordre d’achat/possession pour les quatre premiers. Après j’ai des doutes sur l’ordre exact, mais ils figurent bien dans la série de tête

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C’est le premier que j’ai eu en ma possession, un peu avant d’avoir mon tourne-disque. Refilé par un copain qui l’avait acheté en 4 titres, il avait les moyens, il me refila le simple.

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Le premier achat, c’est celui-ci, incontestablement. Je n’ai jamais décollé de ma passion pour ce groupe qui est sans doute celui que j’ai le plus écouté et le plus collectionné. Bientôt 50 ans, ça commence à faire des milliers de passages.

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Le second est radicalement différent. Comme beaucoup d’adolescents de l’époque, j’adorais les Shadows. Dans le plus pur style de ce genre de musique, un groupe qui m’emballa un temps avec un instro qui s’appelait « Natacha ». Pas facile à trouver sur YouTube, sauf ici tiré d’un pressage japonais qui gratte bien, mais en stéréo.

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Le troisième, Dick Rivers, cette histoire de train qui passe au dessus de la vallée.

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Le premier 33 tours que j’ai possédé, pas acheté mais offert, fut celui de Hugues Aufray à l’Olympia. Je dois dire qu’il m’a bien aidé à remonter aux sources du folk. C’est le genre de truc que j’ai une certaine peine à réécouter maintenant, mais celle-là je l’aime encore bien.

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Réunissant toutes mes petites économies, j’ai franchi le pas de mon premier achat de 33 tours. Je dois dire que je l’ai autant choisi pour la pochette que pour le contenu. En 1965, un groupe cassait la baraque avec une chanson de Dylan « Mr Tambourine Man », je veux bien sûr parler des Byrds. Ce hit changea un peu la face du monde, du moins celui musical. Dylan n’avait pas encore tout à fait installé l’électricité chez lui, il semble bien les Byrds décidèrent de lui faire franchir définitivement le pas, après avoir entendu ce que les Byrds avait fait de son homme au tambourin en le mettant sous haute tension. Je le considère encore comme un album essentiel dans ma discographie. Cette pochette avec la photo prise par un oeil de poisson et les lunettes rectangulaires de Jim Mc Guinn, m’avaient complètement flashé. Après toutes ces années, la chanson que j’écoute encore avec délice, c’est « It’s No Use », titre que je trouve génial d’invention et de sonorité pour l’époque.

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C’est sans doute plus facile de se rappeler le 33 tours que les 45 tours, car ils étaient moins nombreux. Le 3ème album fut le toujours fameux « Live At Marquee Club » enregistrée par les Yardbirds. J’avais tellement adoré « For Your Love » que je me suis lancé dans l’achat de ce disque. Par rapport au côté commercial du hit, on tombait ici dans quelque chose de différent, je ne m’en suis pas tout de suite rendu compte, mais je mettais un pied dans la musique noire et le blues. Après un temps d’hésitation, j’ai adoré. On peut souligner l’importance que peuvent avoir les premiers disques, avec un peu de curiosité on remonte les sources pour d’autres découvertes. Hugues Aufray pour le folk, Eddy Mitchell, Dick Rivers pour le rock, les Yardbirds pour le blues, vous comprenez pourquoi j’ai l’air de connaître la musique, si je puis dire. Tout est parti de là. Sur cet album, en ouverture, leur fameuse version d’un titre de Chuck Berry…

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Le suivant, je m’en souviens, je le guettais car il passait tous les jours à Salut les Copains. ce fut mon premier achat pour un chanteur que j’ai fidèlement suivi jusqu’à aujourd’hui.Il possédait une voix et il a adapté des trucs anglais qui supportent la comparaison avec les originaux. Mon plus grand plaisir fut de discuter avec lui bien des années plus tard, alors « Tout Ira Très Bien »!!!

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J’ai toujours apprécié la France Gall des années 60, celle d’après dans un moindre mesure. Elle alignait des chansons originales quand tout le monde faisait des adaptations ou presque. Son père et Gainsbourg furent parmi les « fournisseurs ». Le premier acheté fut celui-ci, cette charmante et très courte chanson…

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Quand j’avais un peu d’argent et que les Yardbirds avaient sorti un disque, ben… je l’achetais! C’est ainsi que « Heart Full Of Soul » est arrivé chez moi. C’est encore aujourd’hui un de mes disques préférés, c’est tellement beau. Ah ils savaient faire des beaux trucs en 1965. Sur Youtube, on le trouve plusieurs fois, mis en ligne par un tas de monde. Malheureusement, certains amateurs mettent cela en ligne d’après des disques remixés au son horrible. Alors j’en ai pris un qui sonne exactement comme le vinyle d’époque.

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En 1965, entre les Yardbirds et les Kinks on pouvait hésiter. Si chez moi les Yardbirds l’ont emporté, je vénère aussi les autres. Quelle classe!

Après ces premiers achats qui se situent entre l’été et l’automne 65, il m’est pratiquement de me rappeler une suite logique. Les choses s’emballèrent un peu question quantité. Un coup de chance financier qui arriva à mon père, fit que je pus en profiter dans une certaine mesure et m’acheter pas mal de disques. De plus, je ne rechignais pas à acheter des disques soldés à un franc ou deux. Tout ce dont je me souviens c’est que je mis dans ma collection juste après, à part ceux dont je parle dans l’article, des artistes comme les Animals, les Pretty Things, les Searchers, les Zombies, Buddy Holly, Eddie Cochran, Jerry Lee Lewis, ce n’est que le départ d’une longue série…

Salut papa, ça c’est de la musique

 Au centre: mon père en 1911

Pour une fois je vais parler famille, de mon papa à moi. Mon père, ce héros au sourire charmeur, m’a sans doute laissé un peu de lui à quelque part. Ma famille c’est toute une histoire, grâce à lui. Figurez-vous qu’il est né en 1889. C’est dire qu’il aurait atteint l’âge respectif de 123 ans, s’il vivait toujours au moment où j’écris ces lignes. Ce qui pourrait faire penser que le Boss n’est pas loin d’être centenaire. Ouh là là, il s’en faut encore d’un bout, d’accord j’en ai bien fait une grande moitié, mais je ne suis même pas en retraite. Pour bien comprendre l’histoire, il faut que je la raconte. En 1914, juste un ou deux mois avant la déclaration de la guerre, il s’est marié avec une dame, c’est tout naturel. Ils vécurent heureux mais n’eurent pas beaucoup d’enfants, mais quand même une fille qui est née en 1915. Elle vit toujours et elle risque bien de devenir centenaire. Pour parler état civil, c’est ma demi-soeur. En 1946, sa femme est décédée. Resté veuf, il  occupa sa vie à boire du thé avec de la cannelle et à bouffer de la picata, il adorait ça. Mais quelques années plus tard, une belle Italienne qui passait par là, de vingt ans plus jeune que lui, ne sût pas résister à son baratin et ils se marièrent. De cette union naquit un fils et me voilà. Vous comprenez mieux maintenant les raisons de ma présence ici. Bien qu’il fut presque à l’âge de la retraite à ma naissance, il prolongea sa vie encore un bon bout de temps puisqu’il mourut à 90 ans. Nous avons fait du chemin ensemble. S’il y a une chose que j’ai héritée de lui, c’est bien sa passion pour la musique. A la différence près qu’il détestait à peu près tout ce que j’aimais. Lui, c’était l’opéra et il fit pendant des années partie de la fanfare municipale du coin dans un style musical un peu plus allégé. Il jouait de la trompette, plutôt bien je crois, car on voulait l’engager dans la fanfare de la Garde Républicaine à Paris. N’ayant que peu de goût pour tout ce qui était militaire, comme moi d’ailleurs, il les envoya se faire cuire des oeufs. Heureusement car je ne serais sans doute pas ici. Mais revenons à la musique…

La radio était branchée en permanence dans l’appartement familial. Je n’en perdais pas une miette. Je me souviens de certains succès, les premiers qui attirèrent mon attention. Il y avait « Bambino », « Sous Les Ponts De Paris », « L’eau Vive », pour les rengaines. Et puis un peu plus dans ce que j’allais adorer pour la suite, un peu tout ce qui vient après « T’aimer Follement » de Johnny. Je me contentais de la radio en écoutant toutes les émissions qui diffusaient de la musique moderne, Europe 1 et autres.

A partit de 1965, j’ai eu ce que je voulais, un tourne-disque. Alors a commencé pour moi, ma grande passion, acheter des disques et les écouter en boucle. J’en ai vite eu des centaines. Comme je le disais, musicalement tout  m’opposait à mon père. Tout amateur d’opéra qu’il était, il céda quelquefois à la tentation d’écouter des trucs que l’on pourrait qualifier de yéyés et dont certains convenaient pas trop mal à mes oreilles d’alors. Je lui servais de rabatteur, il me filait du pognon et j’achetais les disques en question, qu’il écoutait quant je n’étais pas là. Dans une sorte d’hommage que je lui fais, en le remerciant de m’avoir transmis ses chromosomes de la gamme de sol, et aussi de m’avoir donné une belle enfance, j’en ai dressé une petite liste. Vous verrez, il y a des trucs assez inattendus,  vous pourrez écouter ce que plus de 60 ans de différence d’âge, pouvait éventuellement unir musicalement.

Oui papa, ça c’est aussi de la musique, heureusement que tu t’en es aperçu!

Celle-là, elle l’emballa littéralement

Si il en aimé une de Johnny, c’est bien cella-là

Là il poussa l’investissement jusqu’à me demander d’acheter le 33 tours

Ici on reconnait le père amateur d’opéra, Jay Black ne fut qu’un chanteur de variétés, mais il avait un potentiel pour faire d’autres choses

Moi j’avais le disque et j’écoutais surtout « Oh Pretty Woman », mais il fut charmé par cette petite opérette. Du rock à l’opérette, Roy Orbison était l’un des plus grands chanteurs du 20ème siècle, même un Frank Sinatra peut sembler pâle à côté

Bien avant de se marier avec Joan Collins, Mr Holm chantait de charmants trucs plein de sirop

Dans cette série, la seule où j’aurais volontiers mis des boules trucs, c’est bien celle-la