Playboy,

La période de Pâques nous ramène sans le vouloir aux idées d’oeufs et de lapins. A travers la seconde partie du 20ème siècle, il y a un lapin qui a su s’entourer de quelques unes des plus belles femelles que son image plutôt rigolote de la sexualité a pu lui faire rencontrer. Je veux bien sûr parler du lapin qui se cache sur les couvertures de Playboy. Walt Disney a bâti un empire avec une souris, Hugh Hefner a fait la même chose avec un lapin. Bien que cet empire vacille avec l’usure du temps et les changements de la société, il n’en reste pas moins qu’avec un peu d’imagination et presque rien, une belle aventure peut durer des dizaines d’années.

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A part les journaux quotidiens et les revues spécialisées, la presse était pour beaucoup destinée aux femmes. Nous ne sommes pas en 2013, mais vers la fin des années 40. La raison la plus évidente à cela, les hommes travaillent et la femme reste au foyer. Elles ont, en théorie, du temps pour la lecture. Entres les recettes de cuisine et les trucs pratiques pour la vie quotidienne, la mode y tient une bonne part. Tout y est de bon ton, sans excès, très neutre. A part quelques revues qui courent sous le manteau, aucun magazine n’offre réellement un contenu que l’on pourrait ranger dans un comportement relié à la sexualité. Ne soyons pas dupe, car le fait de regarder une revue de cinéma avec les belles stars de l’époque, partiellement dévêtues ou non, peut engendrer quelques fantasmes, tout dépend de ce que l’on cherche. L’offre est quand même réduite et se limite à la seule contemplation. L’homme est pourtant un consommateur comme pourrait l’être son épouse. Mais on reste dans un certain domaine vague qui flatte son égo de mâle, les belles bagnoles, la réussite sociale, toutes choses qui en sous entendu vont attirer les belles. Il y a certainement un catégorie d’hommes qui se sentent à l’aise à   travers ces clichées, mais de loin pas tous. Ils peuvent tout autant aimer la mode qui leur est destinée, chercher le bel habit, avoir envie d’un parfum qui sente bon ou simplement contempler une femme qui expose un peu plus ses charmes, sans avoir envie d’en faire plus avec elle. Il leur manque juste un magazine qui leur serait destiné en priorité.

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Le Boss

En 1953, c’est l’idée qui germe dans le cerveau de Hugh Hefner. Etant assez intuitif, il sent qu’il existe une demande, mais il ne sait pas encore dans quelle proportions elle peut intéresser le public masculin. Natif de Chicago en 1926, c’est là que Hefner met au point sa création. Après quelques discussions, c’est le nom de Playboy qui sera retenu. Il est très explicite dans son titre. Le contenu évoluera au fil du temps, mais dans les premiers numéros on tient déjà la grande partie du folklore qui lui est associé,  des femmes en tenue plus ou moins légère selon les critères des différentes époques, un art de vivre au masculin, le fameux logo avec le lapin, et surtout la page centrale avec la Playmate du mois puisque c’est un mensuel. Il est aussi un adepte du libertarisme. Le premier numéro est publié en décembre 1953, sans précision de date, c’est un numéro de lancement et on guette les résultats. Le succès est immédiat, 50 000 copies se vendront. C’est un chiffre très correct pour l’époque.

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Premier numéro avec Marilyn Monroe en couverture

Au vu des résultats, il n’y a pas de raisons de s’arrêter. Le succès allant en grandissant, il devient évident que figurer dans les colonnes du magazine devient un must et une rampe de lancement pour un débutant. C’est un échange de bons procédés, un nom connu peut faire monter le tirage et un nom moins connu profiter de sa notoriété. Dans un domaine ou dans un autre on vit défiler, Marilyn Monroe, premier numéro alors pas encore un icône,  Bettie Page, Arthur C Clarke, Ian Fleming, Pamela Anderson,  Russ Meyer, Helmut Newton.

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Une page du no 2

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Lettre d’un lecteur publiée dans le no2

Dans les plus belles années, les ventes avoisineront le 9 millions d’exemplaires, si l’on tient compte des éditions nationales assez nombreuses. Il fallut attendre presque 20 ans avant que le magazine existe en version française, repris par la même équipe que Lui. On le trouvait bien sûr facilement dans son édition américaine, qui se vendait certainement fort bien auprès des étudiants en anglais. Evidemmment avec la prolifération des revues légères, les ventes marquèrent le pas. En 2009, après un déficit de plusieurs millions, le groupe est repris en partie par une autre société.  La version française a cessé de paraître en 2011.

Il n’est reste pas moins que l’aventure de Playboy est une belle aventure qui fait encore rêver. C’est un fait de société qui s’inscrit parfaitement dans l’air du temps. Elle n’est sans doute pas destinée à durer pour l’éternité. Par contre, son histoire et tout ce qui l’a faite est déjà plus qu’un simple souvenir.

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8 réflexions sur “Playboy,

  1. Ah ben ça c’est marrant… mais pas pour les mêmes raisons que d’habitude.
    Figurez-vous que j’ai passé le dimanche de Pâques avec mon chéri dans un bar aveyronnais, à jouer au flipper ; et le flipper était sur le thème de Playboy. Bon du coup on a fait des photos, bientôt en ligne… et ce n’est pas un poisson d’avril (j’ai bien aimé le vôtre, certains ont dû être déçus) 😉
    Bisous-lapinous

    • Coucou Cassiopée,

      J’ai appâté avec une grosse ficelle et pour une fois c’est le poisson qui a attrapé le pêcheur. Je passerai voir ce flipper, on fera une petite partie

      Bisous pascals

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