Bas nylon et guide Machin

A quoi pouvait ressembler un sorte de Guide Michelin vers 1867 à Paris et qui en plus ne concernait que la capitale?

C’est ce que nous allons essayer de voir à travers quelques épisodes qui viendront de temps en temps perturber le blog pour la bonne cause. Comme vous le savez je suis assez féru d’histoire, pas tellement le grande, comme celle des batailles célèbres ou des souverains puissants. Non, il m’intéresse plus de savoir comment vivaient les gens en pleine cambrousse en 1750 ou encore comment fut percé le tunnel ferroviaire du Somport. Pour cela, il faut des témoignages qui nous permettent d’entrer dans le vif par un témoin de son temps, à travers ce qu’il a vu ou ressenti. Nous aurons alors une vue, certes subjective, mais qui va nous entraîner dans plus de petits détails. A la limite, savez-vous quel temps il faisait lors de la prise de la Bastille? Pour autant que je me souvienne, je n’ai jamais lu ce détail à quelque part. Mais on peut supposer que le jour fatidique, s’il était tombé un violent orage de grêle sur Paris, le destin de la France en aurait peut-être été changé.
Un exemple : vous avez sans doute entendu parler de l’éruption volcanique qui tua près de 30000 personnes à la Martinique en 1902. Les victimes sont dues à l’éruption elle-même, mais il y eut un autre phénomène qui aurait pu avoir une certaine importance dans le déroulement du drame dont on ne tint absolument pas compte. On sait qu’une des causes du retardement de l’évacuation de la population vers un endroit plus sûr, fut que l’île était en pleine période électorale, ce qui n’arrangeait pas les affaires de ces messieurs les candidats. Alors on décida qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter. On peut épiloguer longtemps pour savoir si les « savants » de l’époque étaient assez bons connaisseurs de la vulcanologie pour prédire avec certitude que l’éruption aurait lieu. Pourtant sans être un spécialiste mais un peu observateur, on pouvait tirer certaines conclusions. Les animaux, eux, se trompent rarement sur l’imminence du catastrophe. A la Martinique, il y a une espèce de serpent que l’on surnomme Fer de lance, en raison de sa tête qui a la forme d’une pointe de lance. Ce serpent d’environ 2 mètres, venimeux pour l’homme, plutôt agressif, est très courant là-bas. D’habitude il vit dans la nature parmi la végétation, et pour peu qu’on lui foute la paix, il ne vous mordra pas. Mais voilà, bien avant l’éruption, ces charmantes bestioles avaient quitté leur cambrousse pour envahir la ville par dizaines, ils savaient bien que les marrons allaient chauffer. On ne tint aucun compte du fait. Vous pouvez aller fouiller sur les récits de l’événement, rares sont ceux qui parlent de cette invasion de serpents. Voilà un exemple de la petite histoire.
Paris a toujours été un endroit célèbre. Mais à partir de la moitié du 19ème siècle, la ville devient un but de voyage pour les habitants de lieux éloignés et aisés. Les transport s’organisent, le rail tisse sa toile. En 1867, on a sans doute qu’une vague idée de ce que la ville peut offrir. La Tour Eiffel, le Moulin Rouge, n’existent pas, les endroits devenus célèbres sont encore juste une idée dans les projets des plus audacieux. On ne cherche pas encore une station de métro, c’est de la science fiction, bien que celui de Londres existe déjà dans une première mouture. Alors il vint l’idée à quelques uns de mettre en quelque sorte Paris dans sa poche, au moyen d’un petit guide que vous mène dans les lieux qui méritent une petite visite dans ce que la capitale peut alors offrir comme curiosités pour un touriste avide de devenir un Parigot l’espace de quelques jours.
Ce guide, il ne fut pas le seul, fut publié en 1867 et s’intitule Les Plaisirs de Paris. N’allez pas croire que sous ce titre ronflant, il va vous emmener dans tous les lieux un peu louches, dans les rues où ses dames s’offrent à la clientèle, ou encore dans une de ces maison avec une lanterne rouge en guise d’enseigne. Non. le mot plaisir est sous sa signification première, une chose plaisante, simple ou un peu plus compliquée, se promener dans une belle avenue très bien fréquentée, admirer un monument, manger dans un bon restaurant. Tout cela est au programme. Au fil des pages, un descriptif des lieux vous guidera à mots aimables à travers le dédale des rues et des lieux, vous incitant à tourner ici plutôt que là, en vous suggérant à mots couverts d’éventuellement éviter un passage un peu sombre ou d’entrer absolument au café Truc, rempli de vrais résidents à la verve fleurie. Vous êtes invités.
Dans un premier temps, je vous ai extrait quelques illustrations de ce guide, et même un peu de pub, phénomène assez nouveau.. Certaines images sont sans texte. Imprimées avec la qualité de l’époque, en dessins plutôt que d’avoir recours à la photographie encore hésitante avec la technique. Mais l’ambiance et les visages du Paris d’alors y sont bien présents. Dans un autre post, plus tard, nous aborderons un descriptif avec les mots qui avaient cours dans cet appel à Paris, en croisant ces silhouettes devenues fantômes depuis longtemps, mais qui s’animeront pour un instant dans cet opéra de lettres, de mots, et de papier.

 

 

2 réflexions sur “Bas nylon et guide Machin

  1. Bonjour Mr Boss,

    Ah Paris… La plus belle capitale du monde !!!
    Depuis la volonté du Roi-Soleil d’en faire une ville-lumière au sens propre et figuré.
    Les année 1860 voit la naissance du Paris Moderne sous la truelle du baron Haussmann ( caricaturé sous les traits d’un castor, ) chargé par l’empereur Napoléon III d’ aérer la Capitale avec ses futures grandes avenues et autres boulevards. Le terme de  » grands magasins » datent de cette époque où la grande bourgeoisie investit dans l’industrie et le commerce (cf. Zola).
    Pour la province, c’est toujours la même vie monotone, laborieuse et misérable (cf. Boule-de-Suif de De Maupassant).
    Côté art, Offenbach donne le ton avec ses opéras-bouffes étourdissantes. Encore un peu d’insouciance mais déjà, l’orage de la Guerre franco-prussienne s’annonce à l’horizon de cette décennie… La ligne bleue des Vosges !
    Peter’.

  2. Hello Peter,
    J’aime cette ville, bien que je préfère la campagne, mais c’est vraiment la plus proche de mon bagage culturel. Et je sais très bien que tous mes modestes titres de « gloire » passent par là. Sans Paris, il n’y aurait rien.
    Merci pour votre commentaire.
    Excellent week-end

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